
Avec 3 points gagnés en un mois, Marine Le Pen, deux ans avant la présidentielle, se positionne déjà à 18 %, soit le meilleur score jamais réalisé par le Front National lors d’élections présidentielles. Battant nettement certains ministres en place, elle arrive jusqu’à rallier la confiance de 35 % des sympathisants de droite. Décidément, Jean-Marie Le Pen a toujours raison : « Marine est une chance pour la France ».
Records d’impopularité pour Sarkozy et Fillon
La cote de Nicolas Sarkozy est en baisse de deux points pour atteindre 26 %, comme celle de François Fillon, à 35 %, selon le baromètre TNS/Sofres pour Le Figaro Magazine.
« Il faut assumer l’impopularité. De toute façon, rien dans les annonces à venir ne sera populaire. » Quand il prononce cette phrase, ce ministre important du gouvernement Fillon ne connaît pas encore les chiffres du baromètre TNS Sofres pour Le Figaro Magazine. Mais il sait qu’en plus du climat général (polémiques sur le train de vie des ministres, affaire Woerth-Bettencourt), les décisions à prendre sur les retraites, comme sur les finances publiques, ne permettront pas au président de la République, pas plus qu’au Premier ministre, de retrouver la popularité des débuts du quinquennat.Il reste qu’avec 26 % de cote de confiance, Nicolas Sarkozy est à son point le plus bas depuis trois ans. Même constat pour François Fillon, qui atteint sa cote d’alerte avec 35 % de cote de confiance. Les Français ne distinguent plus l’un de l’autre, comme ils ont pu le faire précédemment, quand ils accordaient une sorte de prime au Premier ministre face au chef de l’Etat. Désormais, le couple exécutif subit la même érosion dans toutes les catégories de la population française.
Avant même cette nouvelle vague d’enquêtes, l’Elysée avait décidé de ne plus chercher à remonter la pente de l’impopularité. Avec ses conseillers, Nicolas Sarkozy a admis qu’il lui serait très difficile de retrouver les sommets de 2007. Au fond, avant lui, Mitterrand et Chirac ont connu les affres de l’impopularité. En décembre 1984, le président socialiste est à 36 % et ne remonte qu’à la faveur des législatives perdues par son camp. Même phénomène pour un Jacques Chirac descendu à 32 % en novembre 1996, qui ne remonte qu’après la dissolution ratée. Trois ans après sa réélection, en juillet 2005, la cote du prédécesseur de Nicolas Sarkozy atteindra 21 % sans pouvoir remonter au-dessus de la barre des 30 %.
Le chef de l’Etat préfère miser sur sa crédibilité et compte sur les dossiers internationaux pour faire valoir sa différence avec de futurs adversaires plus populaires. Après tout, Lionel Jospin en 2002 ou Ségolène Royal en 2007 affichaient une popularité supérieure à celle de Jacques Chirac ou de Nicolas Sarkozy. Ce qui n’a pas empêché ces derniers de les battre à la présidentielle.
Marine Le Pen en verve
Crise de confiance, polémiques sur le train de vie des ministres, retour des affaires… tous les ingrédients sont réunis pour faire monter l’extrême droite. Première bénéficiaire, Marine Le Pen, qui prend 3 points en un mois et se paye le luxe de devancer une partie des ministres de Sarkozy.
Questions sur Kouchner
Jadis, il était l’homme le plus populaire de France. Aujourd’hui, il doit se contenter de la 5e place, après une chute de 7 points en un mois. Sa popularité était sa meilleure assurance-vie gouvernementale. Sans elle, Sarkozy trouvera-t-il toujours un intérêt à le conserver au Quai d’Orsay ?
L’énigme Besancenot
Le porteparole de la LCR n’est pas à la fête, alors même que le climat social (fermetures d’entreprises, débat sur les retraites…) devrait être porteur pour l’extrême gauche. Mais, curieusement, Olivier Besancenot est inaudible, concurrencé par Marine Le Pen sur ses revendications sociales et, du coup, il perd des points (- 3) dans le baromètre.
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